
Arsenal of Democracy
Cousin ou petit frère d’Hearts of Iron II ?
D’abord annoncé pour décembre 2009, finalement sorti en février 2010, Arsenal of Democracy apparaît comme un Objet Stratégique Non Identifié dans l’univers des jeux vidéo sur thème de Seconde guerre mondiale. Produit à partir du code-source d’Hearts of Iron II par une poignée de fans du jeu original, Arsenal of Democracy est-il le successeur ou un simple patch (payant !) du jeu développé par les Suédois de Paradox Interactive ?
Hearts of Iron II, kesako ?
Hearts of Iron II est un jeu de stratégie en temps réel développé et édité par Paradox Interactive. Sorti en 2005, il permettait aux fans de Seconde guerre mondiale et autres stratèges en herbe de guider leur pays à travers diverses campagnes réparties entre 1936 et 1945. Production militaire, diplomatie, recherche, espionnage, commerce, et bien entendu mouvements de troupes, rien n’échappait à la maîtrise du joueur aux commandes de ce jeu « grand stratégique » !
Le stand-alone Hearts of Iron II : Doomsday était lui disponible depuis 2006, et un nouvel add-on « Hearts of Iron II : Doomsday Armageddon » entretenait depuis 2007 la popularité de la série. De nombreux mods avaient vu le jour (World in Flames, 1933, C.O.R.E., etc) et renouvelaient profondément l’expérience de jeu. Mais tous se heurtaient à une barrière que connaissent tous les moddeurs en herbe : celle de ces paramètres que seuls les programmeurs du jeu peuvent modifier. Quel moddeur n’a rêvé de pouvoir travailler directement sur le code-source de son jeu favori pour le modifier à sa guise ? C’est ce rêve qu’ont pu réaliser les développeurs d’Arsenal of Democracy !
Suite aux sorties d’Europa Universalis III en 2007 et d’Hearts of Iron III en 2009, Paradox Interactive annonçait en effet qu’elle mettait à la disposition d’apprentis programmeurs le moteur de jeu d’Hearts of Iron II (entre autres) pour une exploitation commerciale. De nombreuses équipes de fans se rapidement engouffrées dans la brèche et Arsenal of Democracy est le premier jeu à être issu de cette licence accordée pour l’exploitation du code-source d’Hearts of Iron II.
Hearts of Iron 2.5 ?
La filiation est dès lors présumée. Arsenal of Democracy serait une suite, un successeur d’Hearts of Iron II (n’était-ce pas le rôle d’Hearts of Iron III ?). Il en reprend en effet les grandes lignes mais entend également apporter sa propre touche à l’ensemble des mécanismes du jeu original.
Arsenal of Democracy permet par exemple de gérer la recherche de manière plus libre que dans le jeu original, en pouvant financer jusqu’à dix projets concomitants si les comptes publics l’autorisent. Ces mêmes comptes seront mis à contribution de manière plus systématique que dans Hearts of Iron II puisqu’il faudra verser aux officiers de l’armée leurs salaires ou encore financer le fonctionnement d’éventuelles raffineries synthétiques ou d’usines de conversion de caoutchouc (deux nouveautés d’Arsenal of Democracy). L’argent devient en outre la ressource prépondérante pour commercer avec des nations étrangères.
Le système de production a par ailleurs été amendé. Si la commande d’équipements militaires se fait toujours par séries ou lignes parallèles, il est désormais possible de modifier le nombre de séries commandées. Il est également possible d’accélérer une ligne de production en y allouant des moyens financiers plus importants. Enfin, un délai courra à partir d’un ordre d’annulation d’une commande militaire pour simuler la réorganisation de l’industrie que requiert une telle décision. Durant ce délai, une partie de la capacité industrielle du pays sera immobilisée.
De la même manière, un délai a été introduit entre le moment de la nomination d’un nouveau ministre ou d’un nouvel officier et le moment où il entrera effectivement en service. Des unités d’artillerie super-lourde ont par ailleurs été introduites et pourront permettre de venir à bout de fortifications comme avaient pu le faire les Allemands devant Sebastopol en 1941.
Si ces petits ajouts ne sauraient suffire à révolutionner la série Hearts of Iron, ils semblent cependant avoir été plutôt appréciés par les joueurs.
L’introduction d’éléments d’automatisation
L’intelligence artificielle a elle aussi été l’objet d’un lifting et sera un peu plus agressive. Il ne faut toutefois pas s’attendre à de larges invasions coordonnées. Le système logistique a été revu sur le modèle d’Hearts of Iron III. Maintenir des lignes logistiques entre ses dépôts de ravitaillement et le front demeure désormais préalable au lancement d’offensives. Le joueur peut en outre choisir de détruire systématiquement les infrastructures des villes rencontrées au cours de sa retraite afin de ralentir la progression de la chaîne logistique ennemie. Il est à regretter que l’intelligence artificielle ne se serve jamais de cette option.
Par ailleurs, de plus amples options d’automatisation sont mises à la disposition du joueur, notamment en ce qui concerne le commerce (à noter également que les convois sont désormais visibles grâce à un mode de carte spécifique) et l’espionnage. Il est en effet possible de désigner aux services de renseignement certains pays comme cibles privilégiées pour d’éventuelles missions d’espionnage. Ceci réduit la micro gestion de manière appréciable et permet aux joueurs qui le désirent de se concentrer sur les tâches purement militaires.
Arsenal of Democracy présente enfin de nouvelles possibilités de modifications pour les moddeurs. Ils pourront par exemple enrichir leurs évènements historiques de nouvelles commandes ou encore modifier les personnalités des ministres.
Un simple lifting d’Hearts of Iron II ?
Arsenal of Democracy permet de jouer avec une plus grande résolution qu’Hearts of Iron II. Ceci est particulièrement appréciable pour ceux qui jouent sur un écran de 19 pouces et plus puisqu’ils peuvent désormais réellement profiter de cette résolution.
Les performances du jeu sont néanmoins moins bonnes que celles d’Hearts of Iron II. A configurations égales, le jeu tourne en effet moins vite que son aîné. Les développeurs ont certes expliqué les raisons de ce phénomène, qui tiennent essentiellement au fait que l’intelligence artificielle serait plus active durant les premiers mois d’une campagne. On ne peut toutefois que regretter qu’étant présenté comme le successeur d’Hearts of Iron II, Arsenal of Democracy soit moins au point en termes de performances.
Arsenal of Democracy ne remet par ailleurs pas en cause les mécanismes d’Hearts of Iron II mais se contente de les amender. Dès lors, qu’est-ce qui justifierait qu’il soit proposé au prix de 20 euros ? N’aurait-il pas gagné à être présenté sous la forme d’un add-on à 5 euros comme l’était Armageddon ? Ceci est d’autant vrai qu’Arsenal of Democracy n’est pas disponible en version boîte mais uniquement sur des plates-formes de téléchargement comme GamersGate, Steam ou encore Impulse.
Arsenal of Democracy a enfin été reçu de manière assez inégale par les joueurs d’Hearts of Iron II. Les développeurs ont bien tenté de lancer un nouveau site internet et de développer des coopérations avec d’anciens moddeurs d’Hearts of Iron II (comme l’équipe du C.O.R.E., un mod qui se propose d’accroître le réalisme historique du jeu). Mais malgré cela, le jeu peine grandement à conquérir de nouveaux adeptes. Ceci ne surprendra guère au regard de la faible plus-value ludique qu’il représente par rapport à son aîné.
Arsenal of Democracy ne s’apparente en effet à ce jour qu’à un simple lifting d’Hearts of Iron II !
Qualités :
- Le charme de l’environnement graphique en noir et blanc qui vise à immerger dans la Seconde guerre mondiale
- Le jeu reprend les grandes lignes d’Hearts of Iron II, ses fans ne seront donc pas dépaysés !
Défauts :
- Un jeu plus lent qu’Hearts of Iron II !!
- Des ajouts pas toujours réalistes ni complets (intelligence artificielle qui n’utilise pas les nouvelles fonctionnalités par exemple)
- L’impression de ne jouer qu’à un add-on d’Hearts of Iron II
Configuration requise :
Système d’exploitation Windows 98SE, 2000, XP ou Vista
Processeur Pentium III, puissance de 800 MHz
Mémoire vive de 128 Mb
Espace disque de 600 Mb
Carte graphique compatible DirectX
Carte son compatible DirectX 9.0
Note : 7/10