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Article préliminaire et réflexions sur la période Victorienne

 

 

 

ARTICLE PRELIMINAIRE SUR LA PERIODE VICTORIENNE

Réalisé par Kuriste

 

Présenter en quelques pages les lignes directrices de l’ère victorienne est plutôt une gageure et si, « gouverner c’est choisir », écrire des articles de synthèse présente en fait la même difficulté. Alors puisqu’il fallait choisir, je l’ai fait !

Pour présenter l’ère victorienne en quelques mots, on peut le faire de deux façons: la première reste très simple et correspond à suivre l’angle d’un règne, celui de la reine Victoria, entre 1836 et 1901, règne long, 64 ans, l’Angleterre retrouve un éclat international après avoir enduré la folie de George III,  précédant les règnes de Georges IV et Guillaume IV, débauchés et incompétents. Victoria incarne la puissance britannique, sa personnalité étonne : amoureuse jusqu’à la folie d’un homme, risquant le désaveu, quand, après la mort de son mari, elle connaît une relation avec son domestique écossais, le rude John Brown. Elle tisse des liens familiaux avec toutes les grandes cours d’Europe. Durant son règne, l’Europe mais aussi le monde aura traversé nombres d’épreuves, de guerres, de bouleversements divers.

Le deuxième chemin est plus subtil, l’ère victorienne peut être vue comme une période de mutations, et pour ce faire, il convient de modifier quelque peu notre chronologie de départ, la faire commencer un peu plus tôt, à l’horizon des années 1819/1820, au moment où la Prusse apparaît comme une force politique montante, bouleversant les rapports de forces traditionnels, tels qu’ils se sont mis en place au cours de la période révolutionnaire et impériale. La France qui vient de retrouver un roi, n’est plus la force dominante du moment, et il commence à en être de même pour l’Autriche de Metternich, qui triomphe au congrès de Vienne en 1815 sur les ruines de l’Europe napoléonienne. L’Angleterre modifie donc son système d’alliances en acceptant de traiter la France non plus comme l’ennemi héréditaire mais comme un nouvel allié. L’ère victorienne débute sur ce schéma géopolitique. Sur le plan économique, la période suit le prolongement de ce qui a été entrepris dans la seconde moitié du XVIIIè siècle en Angleterre : celui du contexte de l’industrialisation et des mutations des sociétés qu’elle engendre : l’Europe s’urbanise, génère des rapports nouveaux entre les hommes, provoquant  l’émergence de nouvelles idéologies politiques et sociales (socialisme utopique, anarchisme, syndicalisme, libéralisme économique mais aussi politique). La période est dominée par l’image d’une reine et pourtant, au sein des sociétés européennes, la démocratie progresse en même temps que les nationalismes. Le printemps des peuples en 1848 provoque un vaste enthousiasme et le temps d’une année, la France retrouve son rôle de modèle révolutionnaire. L’Europe veut s’affranchir de la tutelle des empires : la Grèce, l’Italie, la Hongrie, la Belgique, et d’autres nations soumises, chacune va se battre pour conquérir son indépendance. Au sein des grandes nations, un compromis difficile s’installe progressivement entre dominants et dominés, sur le principe d’accepter des rapports de forces déséquilibrés sur le plan économique, l’état accepte de donner quelques compensations politiques : droit de voter, le droit de grève (1864 en France), le droit de se syndiquer (1884 en France), quelques lois sociales marquent un timide progrès vers la démocratie sociale (travail des enfants, 1840, loi des 8 heures…).

La période victorienne ne s’achève pas avec la mort de la reine évidemment, toutes ces dynamiques exposées plus haut lui survivent, d’autant plus que cette chère dame n’en fut guère que le témoin impuissant ! C’est la guerre de 14/18 qui provoquera la rupture majeure. L’Europe perd son leadership sur le monde, l’Angleterre ruinée doit laisser sa place aux Etats-Unis. Au sein des sociétés l’expérience de la première guerre totale engendrera des conséquences à long terme, en premier lieu celle du deuil, national (toutes les familles en France ont à souffrir de la perte d’un proche), profond et durable. C’est en ce sens qu’elle est la matrice des totalitarismes à venir. Mais là c’est une autre histoire !!

 

 

  Notre développement se présentera en 4 thèmes (le fait colonial, la société industrielle, le siècle de la foi et de la raison, la guerre au XIXè siècle). Chaque chapitre se termine par un dossier résumant l’esprit de ce qui vient d’être dit à travers un exemple « édifiant » et permettant au lecteur de prolonger sa réflexion, si possible en lien avec les interrogations actuelles de l‘historiographie sur le sujet.

  Ainsi à travers le fait colonial, pourrons-nous nous demander si cette expérience ne fut pas l’antichambre des génocides du XXè siècle, comment à travers les mutations de la guerre, liées en droite ligne aux progrès de l’industrie, l’Homme a du se contraindre à ne plus combattre debout, terrassé qu’il était par une puissance de feu qu’il ne pouvait plus supporter « poitrine au vent et sabre au clair ». Comment juger des progrès de la science au XIXè siècle ? Bref, j’ai pris le parti de laisser l’événementiel de côté, de ne pas traiter d’histoire politique pour centrer sur mon propos autour des sociétés et de leurs cultures. Depuis l’école des Annales, on pense quand même que c’est bien ici que se joue l’essentiel. L’homme n’est qu’une trace, seul il n’est rien, sauf peut-être le puissant, car à la différence du faible, il meurt mais ne disparaît pas.

   « Très laborieuse, très sensée, elle donna toujours et sur tous les points un avis, le plus souvent suivi avec déférence. La reine est morte âgée de quatre-vingt-deux ans, à Osborne, dans l'île de wight. De son château, dans ses derniers jours, elle a pu voir cette immense rade de Spithead où en 1897 eut lieu la revue, colossale manifestation de la puissance navale anglaise arrivé sous son règne à son apogée. Autour de son lit se tenaient plusieurs de ses enfants et petits-enfants, notamment le prince de galles et l'empereur d'Allemagne. Ce dernier n'aura quitté le chevet de sa grand'mère morte que pour se rendre à celui de sa mère mourante. Comme l'a dit Musset :Le seuil de notre siècle est pavé de tombeaux ».  Editorial du Petit Journal, 3 février 1901, après la mort de la reine Victoria.

 

 

Réflexions sur la période Victorienne, par Kuriste

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