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La société industrielle

 

La société industrielle au XIXè siècle

 

 

Par Kuriste


 

 

 

Qu'est-ce que l'industrialisation ?

 

C’est un processus historique au cours duquel les sociétés changent leur mode de production. A un système ancien, rural, agricole et artisanal, se substitue progressivement un autre mode de création de biens, urbain, marqué par l’usine, le machinisme et un nouveau type de travailleur, le prolétaire (c’est-à-dire, étymologiquement celui qui ne possède que ses bras pour travailler). A la suite de ces modifications économiques, c’est toute la société qui va se voire transformer (rapports sociaux, culture, valeurs…). La difficulté pour l’historien est de comprendre comment le processus d’évolution d’un mode à un autre se met en marche. Aucune généralité n’étant possible (contrairement à la pensée de Rostow, lequel pense que tous les pays s’industrialisent dès que le taux d’investissement, dégagé par l’épargne et les autres secteurs de l’économie, dépasse 10% du PNB, c’est le take off), étant donné que chaque pays a connu une évolution qui lui est propre. Le plus précoce ayant été l’Angleterre (après 1750).
Pour résumer, on trouve 2 grandes écoles : la plus classique part d’une modification au sein des facteurs de production qui entraîne à sa suite tous les niveaux de l’économie et de la société. Toynbee et Marx sont les grands tenants historiques de cette démarche. Toynbee parle de révolution technologique comme point de départ (exemple on invente une machine capable de produire des slips sans le recours de l’Homme. L’industrie récupère le brevet et commence à l’appliquer au sein de sa production. D’invention, la machine passe ainsi au statut d’innovation. La façon de travailler s’en trouve modifié, on concentre les machines à l’intérieur de bâtiments plus vastes, l’usine, besoin d’énergie, on réorganise le monde des travailleurs pour l’adapter aux nouvelles conditions de production. On fait appel à des capitaux pour financer le projet, donc développement d’un réseau bancaire, financier. Et finalement, de notre slip de départ, on assiste à des retombées sur tous les secteurs de l’économie : les services (commerce, publicité...) en passant par l’agriculture qui bénéficie de l’effet cumulatif du progrès technique (car pour Toynbee, le progrès technique n’est valable que si il est adaptable à d’autres secteurs).
Pour Marx, c’est plus simple : l’exploitation des colonies entraîne une accumulation de capitaux qui vont être investis dans des nouveaux secteurs. La main d’œuvre se fait plus abondante car dans le même temps, les petits propriétaires ruraux disparaissent, à cause de la hausse du prix de la terre. La main-d’œuvre sans emploi est ainsi libérée pour l’industrie.
Actuellement, la nouvelle école privilégie une nouvelle approche : partir de la demande plutôt que des facteurs de production. En Angleterre, le développement des classes moyennes est le principal stimulant de la croissance ; la bière, par exemple, est le premier produit de consommation de masse, qui bouleverse les méthodes de production et de commercialisation. Pas de révolution technique, pas d’exploitation des colonies, simplement un produit qui est de plus en plus consommé par des catégories sociales qui voient leurs revenus augmenter au cours du siècle.

 

 

La société industrielle est d’abord une société urbaine.

 

La société industrielle est d’abord une société urbaine. La ville occupe un champ de plus en plus vaste au sein de l’Europe. Paris, qui dépasse le million d’habitants en 1846, et surtout Londres. Le visage des villes se modifie, sa population également : modes de vie, loisirs, habitat.  Un très beau livre de Simone Delattre, les douze heures noires, 2004, résume très bien l’essentiel de ce qu’il convient de retenir. L’auteur étudie la ville, ici Paris, la nuit. Son objectif : démontrer que sous l’effet de l’industrialisation et de ses corollaires (Haussmann), le Paris nocturne dévoile deux visages : celui de la ville lumière, illuminée grâce aux progrès en termes d’éclairage public (le gaz est utilisé après 1830, éclairage à l’huile précédemment). Cette ville est une vitrine, mais comme toute vitrine, elle occupe un espace réduit : autour des Boulevards, des Halles centrales, du Palais-Royal et des Tuileries ; c’est ici que les élites sortent, se rencontrent, échangent, font la mode ou la défont. : le spectacle comme vitrine sociale, sort des salons et investit la rue.
Les nuits populaires offrent un autre visage, plus sombres, lieux de la criminalité, des plaisirs interdits, la nuit en ville montre l’envers de la société, ses violences, ses arrestations, le monde des estaminets, des débits de boisson. La violence évolue dans le monde des villes  sous l’effet de la concentration, laquelle introduit des rapports sociaux inédits. La campagne pouvait être un lieu très violent, mais celle-ci était contenue et ritualisée, contenue car tous les habitants se connaissent, incitation à ne pas franchir des limites qui vous excluraient du groupe, ritualisée, car limitée à certains lieux (le cabaret), à certains groupes sociaux et à certains moments (charivari des jeunes garçons). La ville concentre les hommes et les femmes, venus d’horizon divers, ne parlant pas nécessairement la même langue (le patois est toujours pratiqué), qui deviennent dès lors des inconnus les uns pour les autres, engendrant un sentiment d’impunité, de confidentialité qui libère une violence beaucoup plus meurtrière (naissance du fait divers). En second lieu, de part le brassage social, la ville exacerbe les différences sociales, entraînant frustrations et désespoir. Les recherches actuelles ont néanmoins tendance à revoir cette image traditionnelle de la violence urbaine : l’analyse des registres des tribunaux de province nous montrent que certains départements ruraux (Calvados) pouvaient enregistrer des taux de criminalité plus importants que ceux de la capitale. La violence n’est pas non plus forcément le fait des plus démunis. Si la rue effraie, surtout la nuit, c’est encore au sein du foyer familial que les actes de violence sont les plus nombreux, et il n’est pas rare de croiser au sein d’un tribunal des enfants de la bourgeoisie victimes de « corrections paternelles ». Les atteintes aux personnes sont également moins élevées que l’outrage et l’atteinte à l’ordre public, doublés le plus souvent d’un constat d’ivresse. Au contraire, la violence semble reculer plus difficilement au sein des campagnes où le contrôle social y est moins aisé.
C’est au tournant du siècle que se distingue clairement, selon la thèse de Christophe Prochasson, une culture d’élite, laquelle diffuse une idée du « bon goût », production d’un imaginaire sur la ville, et une culture de masse, dont les relais passent par la chanson, le théâtre, le café concert. Des liens existent pourtant entre les deux, l’opéra, le théâtre, le cinéma après 1900, plus exactement 1907 avec l’ouverture des premières salles permanentes (Gaumont Palace à Paris), la distinction sociale s’opérant à l’intérieur du bâtiment à travers le prix des places, pouvant aller d’un rapport de 1 à 10, par contre le spectacle restait le même pour tout le monde !

 

La ville est aussi un lieu de formation et d’expérimentation des nouvelles théories sur la société, ce que nous appellerions aujourd’hui les potentialités relatives (Lévy, Lusseau, dictionnaire de géographie, 2003): "Nous verrons ainsi chaque année de grandes artères s'ouvrir, des quartiers s'assainir, les loyers tendant à s'abaisser par la multiplicité des constructions, la classe ouvrière s'enrichir par le travail, la misère diminuer et Paris répondre ainsi de plus en plus à sa haute destination", ce discours de Louis Napoléon Bonaparte en 1858, aux accents saint simoniens et hygiénistes, promet aux parisiens de changer le visage de leur ville, à travers ces grands travaux d’améliorer leur vie. Haussmann entreprendra dans la foulée l’aération des rues de la capitale, la visée hygiéniste est toujours d’actualité. La ville devient un laboratoire destiné à guérir la société de ces maux. L’échec est patent, la désillusion est précoce : sous le Second Empire, l’haussmannisation a bouleversé l’organisation spatiale et sociale des principales villes de France. À Paris, les expropriations, les percées et les constructions nouvelles ont entraîné une flambée des prix à laquelle les classes populaires n’ont pu faire face, si bien que l’entreprise haussmannienne s’est traduite par une aggravation des disparités “ entre Paris et la banlieue, entre quartiers riches de l’ouest et quartiers pauvres de l’est, entre rive droite et rive gauche ”(B. MARCHAND, Paris, histoire d’une ville (XIXe-XXe siècle), Seuil, 1993, p. 88). C’est surtout l’aspect général de Paris qui a été transformé. Ces grandes avenues rectilignes, vitrines de l’Empire, devaient donner l’impression que la ville s’était embellie et aérée, laissant désormais passer la lumière, les hommes et l’eau dont ils ont besoin. Cette nécessité de circulation répond à une exigence de prestige, mais aussi de maintien de l’ordre. C’est la double fonction de ces larges axes conçus aussi pour le passage de la troupe, comme le boulevard du Prince-Eugène (aujourd’hui boulevard Voltaire) qui permet de veiller sur le populaire quartier du faubourg Saint-Antoine. Les contemporains, dans l’ensemble, eurent pourtant le sentiment que la ville s’était assainie et avait fait “ sa toilette de civilisation : plus de masures humides où la misère s’accouple à l’épidémie, et trop souvent au vice ”. Paris s’était enfin doté d’“ habitations dignes de l’homme, dans lesquelles la santé descend avec l’air, et la pensée sereine avec la lumière du soleil ”(TH. GAUTIER, préface de E. FOURNIER, Paris démoli, 1855). Pourtant, jusqu’à la fin du XIXe siècle, beaucoup fustigeront l’énormité de la dette laissée par “ les comptes fantastiques d’Haussmann ”, selon le titre du pamphlet de Jules Ferry, la ségrégation sociale créée par les travaux et les destructions, ainsi que les choix urbanistiques du baron. En 1926, on lit encore sous la plume d’acerbes critiques : “ Il ne faut pas l’accuser d’avoir haussmannisé trop, mais trop peu. En dépit de sa mégalomanie théorique, nulle part, dans la pratique, il n’a vu assez large, nulle part il n’a prévu l’avenir. Toutes ses vues manquent d’ampleur, toutes ses voies sont trop étroites. […] Par-dessus tout, le Paris du Second Empire manque de beauté ” (L. DUBECH, P. D’ESPEZEL, Histoire de Paris, Payot, 2 vol., 1926, p. 164).

 

 

La question ouvrière au XIXè siècle

 

  dans les années 1820, tous les économistes restaient convaincus que la nouvelle économie, libérée des entraves de l’ancien régime, allait unifier la société. Ce schéma s’effrite à partir des années 1840. Le rapide accroissement des richesses s’accompagne d’une dégradation spectaculaire de la condition des ouvriers. L’idée d’une cassure irrémédiable en deux blocs hostiles se fait jour  pour certains (Tocqueville, Marx). Pourtant, la société du XIXè siècle ne peut se réduire à ce schéma classique. Il apparaît que la classe dite ouvrière recouvre en fait d’innombrables conditions bien différentes. Le travail à domicile reste longtemps dominant, l’ouvrier qualifié, l’artisan cohabitent avec l’ouvrier d’usines géantes, même si ces derniers ne représentent que 22% de l’ensemble de la classe ouvrière en 1900. Restent la pénibilité du travail (souvent plus de 12 heures quotidiennes), la dangerosité, et même si les conditions de vie s’améliorent au fil du siècle (la part du revenu consacré à l’alimentation ne fait que diminuer dans le budget des ménages), le chômage, l’accident du travail ou simplement la vieillesse (aucune couverture sociale) restent les ennemis du petit peuple. La société industrielle reste donc clairement inégalitaire : dans les campagnes, en milieu urbain, on assiste à une prolétarisation de la main d’œuvre. A la veille de la guerre, les inégalités atteignent leur maximum historique : 37% des français meurent sans rien laisser derrière eux, dans le groupe restant, les écarts vont de 1 à 10.000. La fiscalité ne vient en rien corriger ce rapport d’inégalité ; autour de 1850 à Paris, sur 338 budgets de familles bourgeoises, le taux d’imposition ne dépasse pas 2,7% du revenu. Aucun effet de redistribution, sauf à travers les œuvres morales. Pas encore d’interventionnisme social, même si quelques personnalités commencent à développer l’idée d’une participation de l’état dans ce domaine : « si l’Homme réussit tant mieux, s’il ne réussit pas tant pis… mais il y a deux impuissances, l’enfance et la vieillesse… » (Adolphe Thiers, 1848). Dès lors, face à ce constat, le nombre d’exclus ne peut que se montrer élevé, la société industrielle est également une société violente, à la recherche d’un lien social inexistant entre privilégiés et gens de peu. Par contre, le monde ouvrier se structure face à ce constat de misère, société d’entraide, bourses du travail, premier syndicats (d’abord d’ouvriers qualifiés, CGT en 1895), un monde qui observe la société et veut le changer : L’anarchisme, le syndicalisme, le phénomène de la grève puisent leurs origines dans ce rapport déséquilibré, même si tous les grands intellectuels représentatifs du mouvement ouvrier n’en ont jamais fait parti eux-mêmes (à l’exception notable de Proudhon, fondateur de l ‘anarchisme). Le XXè siècle marquera l’entrée en politique de l’ouvrier, la guerre de 14/18 jouera en ce sens un rôle fondamental (Albert Thomas, premier socialiste à entrer au sein d’un gouvernement).

 

 

 

 

 

 

L’élite, anciennes et nouvelles tendances 

 

  James Tissot, peintre à l’humour féroce, sait traduire dans sa peinture un instantané de la vie mondaine et des subtilités qui s’opèrent en son sein. « Trop tôt », 1873, met en scène des invités confus d’arriver en avance, à un moment où la maîtresse de maison en est encore à donner des consignes aux musiciens. Ponctualité embarrassante à l’intérieur de la haute société où l’heure des gens distingués n’est pas celle de l’invitation. Condamnation irrémédiable pour ces parvenus de devoir rester à la marge du  « beau monde ». Si le XIXè siècle est bien celui de l’argent, le posséder n’est pas le plus important, il convient d’une part de l’épargner, et d’autre part de savoir en user pour intégrer l’aristocratie, le groupe social qui exerce pendant toute la première moitié du siècle, et surtout en Angleterre, une fascination absolue.

 

 

 

 

 

 

A la fin du XIXè siècle, les valeurs bourgeoises trouveront leur propre dynamique, d’autant plus que les rangs de la noblesse, quelque soit le pays considéré, furent toujours extrêmement difficiles à intégrer. La promotion reste toujours limitée aux premiers grades, ainsi en Autriche, entre 1804 et 1918, sur 8931 titres décernés, seulement 457 l’ont été à des industriels (noblesse simple), sans pouvoir s’élever au-delà du titre de baron (167), le statut de duc, comte et prince reste d’ailleurs fermé à n’importe quel groupe social. Les valeurs de la bourgeoisie d’affaires qu’incarne très bien ce portrait d’Isaac Pereire, « inventeur » de la banque de dépôt moderne s’affirment à travers le poids croissant que ces hommes jouent au sein des économies nationales et dans le monde politique: confiance en soi, détermination, force de caractère, travail, simplicité dans le vêtement, aucune extravagance, elles remplacent les valeurs aristocratiques, groupe fermé sur lui-même, dont les relais traditionnels, comme les grandes écoles anglaises (Cambridge, Oxford), commencent à s’épuiser à la fin du XIXè siècle :

 

« Oxford et Cambridge étant le rendez-vous des fils de famille, le ton de l’endroit s’est approprié au caractère et à la position des habitants : une université anglaise est, à beaucoup d’égards, un club de jeunes gens nobles ou du moins riches. Beaucoup d’enrichis y envoient leurs fils, uniquement afin de leur donner l’occasion d’y faire de belles connaissances ; certains étudiants pauvres ou roturiers se font les complaisants de leurs camarades nobles, qui plus tard pourront leur donner un bénéfice. Dans certains collèges, les étudiants nobles ont une table à part, un habit particulier, divers petits privilèges. Beaucoup de ces jeunes gens ont par an 500 livres sterling et au-delà, qu’ils considèrent comme argent de poche ; de plus, les fournisseurs leur font crédit, ils tiennent à honneur de dépenser, de faire figure ; ils ont des chevaux, des chiens, un bateau ; ils meublent leur chambre avec élégance et richesse. Depuis 20 ans, une réforme s’opère… Oxford cesse peu à peu d’être un club aristocratique… il est en train de devenir une école moderne, une académie laïque et libérale. »
Hyppolite Taine, Notes sur l’Angleterre, 1872

 

 

 

 

 

 


 

 

Dossier : Brassage social et agitation révolutionnaire dans les immeubles parisiens : le visage du vrai Paris

 

  En lutte contre la Monarchie de Juillet (1830), les républicains de la Société secrète des Droits de l’Homme (François et Étienne Arago, Louis Blanc, Victor Schœlcher, Alexandre Ledru-Rollin, Auguste Blanqui) entretiennent l’agitation. Suite à l’interdiction des associations, une émeute républicaine éclate le 15 avril 1834 à Paris. Alors qu’elle se prépare à donner l’assaut à une barricade dans la rue Transnonain, l’armée essuie des tirs depuis les toits du numéro 12 et un officier est tué. Ordre est alors donné aux soldats de « balayer la vermine ». Les portes des appartements sont enfoncées et les habitants (hommes, femmes et enfants) massacrés au pied du lit à coup de baïonnette. Un autre immeuble est détruit, avec ses habitants, à coups de canon. L’émeute est écrasée, puis les lois de septembre 1835 interdisent toute critique de la personne du roi, tout rassemblement public et imposent la censure préalable à toute chose imprimée, sous peine de bagne.

 

 

Le 12 rue Transnonain, aquarelle anonyme de 1834 nous livre une image du cadre de vie représentatif de Paris avant Haussmann :

 

 

Cet immeuble de rapport ne superpose pas des appartements identiques et composés, comme de nos jours, de pièces affectées à des fonctions précises. Ici, les pièces où s’exercent les activités professionnelles sont imbriquées dans les logements. Les appartements les plus modestes comportent une ou plusieurs pièces dites « chambres » et des pièces plus petites dites « cabinets ». Ce mode de logement en « maison partagée », avec des chambres communiquant entre elles, était celui de l’Ancien Régime. En 1834, le propriétaire du théâtre, au quatrième étage, Lamy (bijoutier de 28 ans), occupait au troisième et au quatrième étages des pièces jouxtant la salle. Les jours de spectacle, l’entrée se faisait par son logement, entre son comptoir de bijoutier, sa cuisine et sa salle à manger. Le jour du drame, il se sauve par une fenêtre du cinquième étage donnant sur l’arrière.
Dans cette maison, trente « actifs » exercent, pour la plupart sur place, des métiers très divers et se répartissent dans les étages en fonction de leur fortune : au rez-de-chaussée, les boutiquiers ou artisans ; au premier et au deuxième étage, des artisans plus cossus ou des petites entreprises ; aux étages supérieurs, des employés, ouvriers, apprentis et journaliers sont bijoutier, chapelier, doreur sur papier, gainier, monteur sur bronze, peintre en bâtiment, tailleur de pierre, couturière, artiste peintre, peintre vitrier, polisseuse en pendules ou ravaudeuse.

Cet immeuble est représentatif de la densité et de la diversité des activités dans le centre de Paris à l’époque de la monarchie de Juillet. L’activité artisanale, le commerce et l’habitat s’y côtoient. Artisans, ouvriers et même le fabricant de papier peint Breffort, habitent des pièces adjacentes à leur atelier, comptoir ou entreprise. Et, sur place encore, le théâtre, propose deux ou trois spectacles par semaine!

Les dépositions renseignent avec précision sur les modes de vie et les mentalités des habitants qui, malgré des différences de fortune, semblent avoir appartenu à des milieux relativement homogènes. Ils s’étaient presque tous réfugiés dans deux ou trois logements sur l’arrière pour éviter les balles perdues du côté de la rue, quand la troupe a chargé à l’intérieur de la maison Cette convivialité entre les habitants pourrait expliquer le fait que toutes les familles endeuillées par la tuerie ont continué à habiter ensemble sous ce toit, après le drame.

 

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