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Présentation d'Introversion Software

Le Hamster Volant





Introversion Software (IS) est une véritable mine de talents. Basés à Londres dans leurs locaux qu’ils appellent eux même « The Flying Hamster » (le Hamster Volant), ce sont des programmeurs indépendants, avec la créativité et l’inventivité spécifiques de ce genre de personnes. Les 3 membres fondateurs d’IS se rencontrent en 1997, alors étaient encore en Maîtrise d’Informatique.

Leur premier jeu, Uplink, sort en 2001, avec le budget impressionnant de 600£. Les CD sont faits maisons à l’aide d’une imprimante et d’un graveur ! Dans Uplink, vous incarnez un pirate informatique au cœur (ou témoin) d’une véritable guerre sous terraine entre deux grands et obscurs groupes industriels. IS est fondé en 2002. C’est à partir de ce moment que tout commence réellement : Uplink est salué par une partie de la presse et distribué par Pinnacle, ce qui permet des ventes raisonnables.

Après plusieurs tâtonnements, Darwinia sort en 2005. Véritable féerie vidéoludique, Darwinia vous fait découvrir un monde numérique enchanteur, fait de couleurs vives, de Wireframe et de pixels. Un monde que ne renierait pas un Geek ou un programmeur de la première heure tant les clins d'oeil à l'histoire de l'informatique et du jeu vidéo sont nombreux. Là encore, la presse acclame le titre, mais il faut attendre la distribution du soft par Steam pour que les ventes décollent.

En 2006, Defcon vous conduit dans l’ultime conflit. Sous titré « Tout le monde meurt : le premier génocidez-les tous ! », le jeu rappelle fortement le film WarGames, sorti en 1983. Le but est simple : perdre le moins possible dans un conflit nucléaire. Fun garanti.


Entre wireframe et gros pixels : l’univers Darwinia





Dans les années 1980, le Docteur Sepulveda met au point une console de jeu révolutionnaire. Puissante, peu chère à construire, elle possède tous les atouts pour devenir un véritable succès. Malheureusement, un défaut de fabrication est découvert la veille de son lancement, rendant la console invendable. Ruiné, le docteur se retrouve avec 40.000 consoles sur les bras. Il commence alors à les programmer une par une puis à les relier. C’est le début d’une expérience grandiose sur l’intelligence artificielle. Chaque console est en effet un « Darwinien », nommé ainsi en l’honneur de notre cher Charles Darwin, qui a ses propres envies et sentiments, et surtout qui évolue de générations en générations. Ils ressemblent à des Stickmen vert, tout plats, à l’instar de Paper Mario.

Au sein de cet immense réseau, les Darwiniens interagissent, et le docteur leur crée un immense parc à thèmes, Darwinia. Ce parc est attaqué par un virus dont l’origine est inconnue, peuplant le monde de vers, d’araignées et autres insectes corrompant de plus en plus le monde. Dans Darwinia, le joueur parvient à se connecter et doit éradiquer le virus. Cette guerre traumatise les Darwiniens qui perdent leur innocence et découvrent la violence (ils étaient un peu comme les Lemmings, inconscients et idiots au possible).
Multiwinia se déroule après ces événements. Les Darwiniens ont découvert ce qu’étaient la force et le pouvoir, et se sont divisés en clans. Seul le plus plat survivra !


Test de Multiwinia

Multiwinia : Survival of the Flattest





Vous reprendrez bien du Darwinien rôti ?


Multiwinia est un jeu que l’on pourrait qualifier de Stratégie Temps Réel (STR). Je reste très évasif car il est finalement très loin des autres jeux du genre : il n’y a strictement rien de commun avec Command and Conquer ou Age of Empires. Très simplement, vous contrôlez une floppée de Darwiniens de votre clan (couleur) en recevez régulièrement de nouveaux, et devez remplir un objectif variant selon le mode de jeu. Bien sûr, dans tous les cas, il y aura de la baston. Et autant vous le dire tout de suite, pas qu’un peu. Les parties font 10 à 20 minutes, les victimes se chiffrent en milliers et les affrontement effraieront le rugbyman le plus endurci ! Sélectionnez les darwiniens par un clic gauche, déplacez par un clic droit. A noter que la méthode de sélection est assez  étrange : vous ne pouvez pas dessiner de cadre, mais formez un cercle de plus en plus large en maintenant le bouton de la souris enfoncé. Cela n'apporte pas grand chose au jeu, et s'avère même déconcertant au début. Toutefois, on s'y fait, notamment grâce au tutoriel, court mais bien fait.

En cours de partie, des caisses apparaissent sur la carte. Les récupérer vous octroie (généralement) des boni divers, collant à l’univers ou faisant un clin d’œil aux autres jeux du studio. Ainsi, la Méga Rage rendront tous les darwiniens furieux, doublant leur cadence de tir, tandis que l’infection les contamine et les rend hostiles à tous les joueurs. La frappe nucléaire fait sortir de mer les sous-marins de Defcon, tandis que les missiles avancent vers la zone, et que la musique change pour celle du jeu sus-cité. Autant vous dire que ces boni vous réserves de bonnes (et mauvaises) surprises, et qu’une partie de la victoire se joue dans leur judicieuse utilisation.

Les Darwiniens, bien qu’un peu plus évolués dans Multiwinia, n’en restent pas moins peureux et stupides. Vous avez ainsi la possibilité de les placer sous le commandement d’un officier (d’un simple clic droit sur un Darwinien), ou de les laisser former une horde désordonnée. Chacune des possibilités à ses avantages : sous la commande d’un officier, les Darwiniens tirent plus loin, ne fuient pas, mais sont plus lent à se déplacer, ne tirent pas de grenade, et sont plus sensible aux dégâts de zone (grenades, roquettes, raids aériens…) tandis que seuls, ils seront partagés entre le désir de fuir et votre ordre de combattre, et lanceront occasionnellement des grenades. A chaque situation sa méthode.

Vous ne trouverez pas de campagne dans le jeu, ni aucun mode spécifique au solo. Vous pouvez jouer contre l’IA, qui s’avère être très bonne, à tel point qu’elle vous apprendra de nouvelles stratégies et contrera les votres. Multiwinia est comme son nom l’indique un jeu multijoueur. Malheureusement, sa diffusion reste limitée, et les serveurs sont bien vide…



Les modes de jeux : tout pour la baston

Multiwinia propose 6 modes de jeu différents dont certains tout droit sortis des FPS : la Domination, la Capture de la Statue, le Roi de la Colline, l’Assaut, la Blitzkrieg et la Course aux Etoiles. Tous se jouent différemment, ce qui constitue une qualité indéniable du jeu. Tous sont également très agréables à pratiquer, en plus d’être fun au possible. Le tout est très bien expliqué par une petite animation en début de partie, claire et succinte.

Domination : le but est de tenir le maximum de points de réapparition de Darwiniens (Respawn points). La difficulté ici est de devoir prendre ces points, étant donné que ceux-ci génèrent régulièrement des Darwiniens ennemis. Il faut masser beaucoup de Darwiniens, ce qui oblige à dégarnir d’autres fronts. Plus vous tenez de points, plus vous pourrez contrôler de Darwiniens. Ce mode favorise donc la prise de risque, et plaira aux audacieux.

Capture de la Statue : le Capture The Flag de Multiwinia. Le but est de ramener une statue dans une zone précise (différente pour chaque joueur). Plusieurs originalités ici : la zones d’un joueur n’est forcément près de sa base, et certaines sont même côte à côte ! De plus, selon la carte, plusieurs statues sont disponibles simultanément. Beaucoup de stratégies possibles ici.

Le Roi de la Colline : tenir un maximum de points stratégiques de la carte pour gagner. Cela peut paraître bête, mais il y a plusieurs choses à considérer : il y a des points de réapparition à prendre, les darwiniens manquent pour tout faire, et surtout, les boni les plus courant (notamment le raid aérien) nettoie lesdites zones à tenir sans problème ! Il faut ici savoir équilibrer son jeu entre capture des points de réapparition, récupération et utilisation des caisses, et prendre les points stratégiques.

L’Assaut : un camp doit défendre une forteresse, l’autre la prendre. Très clairement le mode de jeu où les victimes s’enchaînent sans pitié. Sur une petite carte à 1 contre 1, ne vous étonnez pas d’éliminer 5 ou 6.000 adversaires. L’assaillant dispose d’une horde colossale, à faire pâlir l’ex-armée rouge, et des renforts fréquents. Le défenseur a beaucoup moins de ressources, moins de renforts, mais dispose de quelques atouts telles que des tourelles, et surtout l’avantage du terrain. Ici, malgré l’apparence bourrine de ce mode de jeu, c’est la tactique qui prime. L’assaillant peut en effet perdre 500 à 1.000 darwiniens contre une dizaine au défenseur s’il prépare mal son assaut. Un mode terriblement jouissif. Il est recommandé de jouer chaque camp en multi pour équilibrer la donne.

La Blitzkrieg : vous devez relier votre drapeau à celui de votre adversaire. Chaque camp possède un drapeau. Chaque drapeau est relié aux autres par un certain nombre de drapeaux neutres. En 1 contre 1 par exemple, il y a 5 drapeaux en tout, 3 entre le drapeau de chaque camp. Chaque drapeau se capture de la même façon qu’une zone stratégique dans le Roi de la Colline. A la manière de la guerre du désert pendant la Seconde Guerre Mondiale, plus vous avancez et plus votre ennemi se renforce, car plus vous vous rapprochez de sa base ! D’où la nécessité d’une guerre éclair, car plus la guerre dure plus la victoire s’éloigne.

La Course aux Etoiles : vous devez alimenter votre vaisseau spatial, le charger de Darwiniens et décoller avant les autres. C’est LE mode des multitâches, peut être le plus dur à maîtriser. En effet, pour alimenter votre vaisseau en énergie, il faut contrôler des panneaux solaires qui ont la fâcheuse manie d’être près de l’ennemi. Qui plus est, ce dernier n’hésitera pas à débarquer ses Darwiniens chez vous pour endommager votre fusée et vous faire perdre du temps. C’est encore plus vrai si vous êtes sur le point de gagner.


Réflexion ou rentre dedans ?

Une question récurrente autour de ce jeu est la profondeur de réflexion qu’il demande. Rentrer dans le tas en envoyant sans réfléchir un maximum de Darwinien, qui est la seule unité disponible, semble en effet tentant, et même payant. Alors Multiwinia, bourrin ou tactique ?

Tout d’abord, le choix d’attribuer ou non un officier est crucial. Les formations sont excellentes pour tenir des positions, à condition qu’elles ne soient attaquées que par l’avant. Ces formations seront vite submergées en cas d’attaque latérales ou par l’arrière, et plus généralement lorsque le nombre d’ennemis devient important. Leur incapacité à lancer des grenades est très handicapante, et leur lenteur pénalisante en attaque. Ils sont ainsi quasi inutiles en mode Assaut pour les attaquants, mais peuvent enchaîner les victoires dans les autres cas. Le mode Assaut justement, semble se résumer à envoyer un tas de Darwiniens au casse-pipe jusqu’à ce que ça passe. J’ai essayé, et sur une partie des cartes je n’ai pas pu passer la première ligne de fortifications. On se rend alors compte d’un deuxième élément crucial : le terrain.

Le dénivelé, modélisé avec précision, n’est pas décoratif. Vos Darwinien sont plus lent en montée, plus rapides en descente, et tirent plus loin du haut d’une colline. Et surtout, les tirs ennemis ne les franchissent pas ! Il faut parfois manœuvrer avant l’attaque, quitte à surveiller ses arrières avec un officier et sa formation (tiens, les revoilà ceux là…). Inspecter le terrain pour trouver les bons angles d’attaques peut vous faire gagner du temps et des vies. Cette première ligne de fortifications que je ne parvenais pas à franchir la première fois est tombée en 3 ou 4 minutes la seconde fois. Et avec 3.000 victimes de moins. C’est en partie grâce à l’usage des blindés et de certains boni.

Les Blindés sont bien connus des joueurs de Darwinia : ils peuvent transporter des Darwiniens, et sont amphibies (souvenez vous du niveau Escort, où ils vous faisaient gagner un temps colossal…). Ils perdent dans Multiwinia leur capacité à se transformer en tourelle, mais peuvent transporter 100 Darwiniens au lieu de 25. La plupart du temps, vous avez à votre disposition au moins un blindé, qui réapparaît s’il est détruit. C’est une excellente arme pour passer derrière des fortifications trop tendres et prendre à revers l’ennemi, ou attaquer là où il ne vous attend pas. Ils sont même capitaux en Assaut ou en Blitzkrieg. Vous ne gagnerez pas en ne les utilisant pas. Les boni, enfin, peuvent changer le cours du jeu, sans pour autant être trop décisif. Un écart de niveau entre les joueurs ne sera que très rarement compensé par les caisses.


Fun fun fun !


Ainsi, Multiwinia est bourré de qualités, la toute première étant le fun. Même en solo (l’IA est maline, retorse et franchement vicieuse), on s’amuse comme un fou. On prend plaisir à relancer 3 ou 4 fois la même carte pour essayer différentes stratégies. A 3 ou 4 joueurs, ça devient carrément génial : paix officieuses, coups en traître, alliances informelles sont légion, et on ne va pas s’en plaindre. Il propose un côté tactique intéressant, assez pour forcer à réfléchir, mais pas trop pour ne pas perdre les joueurs et rester accessible. En bonus, le joueur peut contrôler ses tourelles de défense et s’adonner à un véritable tir au pigeon. A chaque victime, un petit clic retentit et votre compteur, visible sur la tourelle, s’incrémente. Cela ouvre la voie à des petits concours entre joueurs. La communauté, active, travaille sur plusieurs mods, et un éditeur de cartes est en préparation. C’est d’ailleurs le principal point noir du jeu, bien que le nombre de cartes soit grand, on ne peut en créer de nouvelles. Armons-nous de patience ! Son prix très bas (13€30 actuellement) en fait une valeur sûre. Je vous conseille fortement d’essayer la démo disponible ici, pour vous faire une idée.



Les plus :

- résolument fun
- des modes nombreux et variés
- accessible sans être simpliste
- très bonne IA
- petit prix

Les moins :

- pas d’éditeur de cartes… pour le moment
- peu de joueurs sur les serveurs
- une sélection des unités déconcertante



Damien Mallet


Galerie d'images pour Multiwinia

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