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Interview de Thomas Corriol

Le site Strategium s'est entretenu avec Thomas Corriol, le producteur du jeu Revolution Under Siege.

(Strategium) Quand et dans quelles circonstances vous est-elle venue l'idée de développer un jeu relatif à la Guerre civile russe ?

(Thomas Corriol) Personnellement, j'avais déjà pas mal travaillé sur les jeux Paradox en tant que beta testeur (et même parfois un peu plus pour Crusader Kings), et j'avais envie de passer à la vitesse supérieure. À l'époque (Fin 2007, début 2008), il y avait plusieurs embryons de projets basés sur le moteur AGE, sur pas mal d'époques différentes. Certains me tentaient, d'autre pas, et la Guerre Civile Russe me semblait le plus intéressant (je venais aussi d'acheter, et c'était un hasard, "Triumph of Chaos", le Card-Driven Game de Clash of Arms sur ce thème, donc j'avais envie de jouer ce conflit, ça c'est sûr). J'ai commencé à me documenter sur le sujet, le moteur m'a paru particulièrement adapté, il n'y avait étonnamment aucun autre jeu PC à cette échelle sur la période, j'ai donc dit que c'est celui vers lequel allait ma préférence. J'ai commencé à jeter des idées de design sur le papier, puis comme ça prenait forme, et qu'un éditeur Russe – Akela - était intéressé, Sébastien Lebourcq (qui a fait le plus gros du travail sur les settings et les events) et moi avons trouvé des investisseurs et des partenaires, et nous avons monté une petite structure de production.

(Strategium) Le jeu est développé à partir du moteur de Rise of Prussia (RoP), pourriez-vous nous présenter en quelques mots les modifications auxquelles vous avez du procéder eu égard à la période de Revolution Under Siege ?

(Thomas Corriol) D'abord, je souhaitais qu'on se rapproche de la philosophie d'AACW (AgeOD's America Civil War), le succès principal sur le moteur AGE, et que chaque fonctionnalité dans le jeu soutienne à la fois le thème et les autres fonctionnalités existantes. C'est le cas, par exemple, du système de recrutement dans AACW, et du système des décisions à prendre sur les Grandes Régions des USA. Nous avons donc enrichi la version du moteur de RoP avec des fonctionnalités très semblables à celles d'AACW (par exemple, la possibilité de prendre des décisions politiques "régionales": Réquisition et Conscription forcées, ou Répression des révoltes vertes avec la Chekha). Le déplacement par rail refait son apparition aussi, puisque les principaux axes de batailles de cette guerre se trouvent le long des voies ferrées. Par contre nous avons du adapter certaines règles à l'existence des trains blindés. Au départ, il était trop facile de bloquer les trains blindés - une nouveauté de RUS, et des unités "de choc" puissantes et spécifiques à ce conflit - en coupant les rails partout avec des petites unités. Maintenant, ça ralentit les trains blindés mais ça ne les bloque plus; c'est plus réaliste, et moins « gamey » comme disent les anglophones. Nous avons aussi incorporé un module, simple, de guerre aérienne pour mieux représenter la période. Bref, il y a plein de petites évolutions du moteur RoP.

(Strategium) Quel type d'obstacle avez-vous rencontré lors du développement de Revolution Under Siege ?

(Thomas Corriol) Les obstacles classiques d'une petite structure: C'est de l'artisanat, pas de l'industrie. Il faut savoir être patient, et faire des choix parfois difficiles quand il y a des décisions à prendre pour respecter les délais et le budget. Au final, le résultat est très satisfaisant et l'expérience fut très intéressante.

(Strategium) Quels sont, selon vous, les aspects les plus excitants de RUS ?

(Thomas Corriol) D'abord c'est l'occasion de jouer un conflit majeur du XXème siècle, un peu oublié, qui a commencé à St Pétersbourg et en Finlande, et s'est terminé, en fait, à Varsovie. Qui se souvient que l'armée rouge a faillit arriver aux portes de l'Allemagne, s'il n'y avait pas eu le "Miracle sur la Vistule" ? Ce conflit a vraiment changé le cours du XXème siècle, et la réussite même de la Révolution et l'existence de l'URSS ont modelé les 70 ans d'Histoire qui ont suivi. C'est vraiment un conflit aux dimensions épiques.

Ensuite, la situation stratégique est très intéressante car contrastée: D'un côté les Rouges, en position centrale, qui contrôlent une majorité de la population, mais qui n'ont plus d'industrie ou presque. De l'autre, les Blancs, à la périphérie, soutenus par les Alliés qui les inondent littéralement de fournitures de guerre qui viennent tout droit des stocks de la 1ère Guerre Mondiale. C'est bien simple, sur le front Sibérien, tout le matériel est en fait Britannique, ou presque: Les fusils, les canons, jusqu'aux boutons des manteaux des uniformes de l'armée de Kolchack. Mais les Blancs n'ont pas droit à l'erreur, car leur base de recrutement est faible. Du fait des distances, les Blancs n'arrivèrent jamais à se coordonner, et pour des raisons idéologiques, ils ratèrent plusieurs fois l'occasion de se faire des alliés importants dans la guerre (les Finlandais, les Polonais), par refus de reconnaître l'indépendance de facto de ces nouveaux pays. D'un point de vue de joueur, il y a tellement de what-if possibles, de retournements de situation probables, de multiplicité des menaces et des problèmes à gérer, que c'est très, très intéressant.

(Strategium) Auriez-vous des conseils pour nos lecteurs qui s'apprêtent à découvrir le jeu ? RUS est-il difficile à prendre en main pour qui ne serait pas rompu à l'expérience des jeux AGEOD ?

(Thomas Corriol) Je leur conseille de commencer par faire les tutoriaux et lire le manuel, puis jouer un scénario court. La guerre de Finlande est un scénario idéal pour ça. Ensuite, on peut se lancer dans la Grande Campagne, avec 3 débuts possibles, selon qu'on veuille jouer pour ou contre les Blancs, soit au début du conflit, lors de la révolte de la légion tchèque, soit à la veille de leur offensive, qui conduira à l'apogée de leur avance sur Moscou.

RUS est comme tous les jeux basés sur le moteur Age: Facile à prendre en main, mais très riche, donc plus difficile à maîtriser dans les détails. J'ajoute que le travail sur l'AI a été remarquable. D'autant que lorsqu'on joue en solo, il y a 2 AI, en fait, puisque les Blancs sont séparés en deux camps distincts. L'AI peut donc être à la fois un ennemi et un allié.

(Strategium) Doit-on s'attendre à une suite de RUS et dans l'immédiat, à des patchs correctifs ?

(Thomas Corriol) Malgré tous nos efforts, et de par la taille même de notre structure de production, je ne me fais pas d'illusion, il y aura forcément des patchs correctifs. Espérons qu'il y en aura le moins possible, nous avons vraiment travaillé pour sortir un jeu stable et jouable dans sa version Gold.

(Strategium) Merci de nous avoir accordé du temps pour cette interview.

(Thomas Corriol) Merci à vous pour cette occasion.


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