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Test de Storm Over the Pacific

Trempette dans le Pacifique


Décrit par David Heath, directeur des opérations chez Matrix Games, comme « la nouvelle étape dans l’exploitation du moteur de jeu de Time of Wrath », Storm Over the Pacific reprend et adapte donc les mécanismes du wargame Time of Wrath aux combats qui se sont déroulés dans le théâtre Pacifique durant la Seconde guerre mondiale.

Storm Over the Pacific n’est pas exactement la révélation de l’année. Pas même celle du mois.
Ses développeurs polonais de Wastelands Interactive n’en sont pourtant pas à leur galop d’essai en termes de wargames. Ils avaient sorti le prometteur WWII : Road to Victory il y a deux ans puis Time of Wrath l’année dernière. Tandis que leur grosse production Bitter Glory est toujours en développement, le petit studio polonais a développé cette année deux jeux basés sur le théâtre Pacifique durant le second conflit mondial : Air Aces Pacific (une simulation aérienne) et Storm Over the Pacific.
Ce dernier est donc, à l’instar de son aîné Time of Wrath sur le moteur duquel il a été développé, un wargame au tour par tour. Le joueur pourra ainsi contrôler vingt-six pays différents (ou des alliances) à travers 4 grandes campagnes (Pacifique 1941, Australie 1942, Chine 1937 et 1941) et une dizaine de petits scénarios (bataille de la mer de Corail ou encore une invasion fictive du Japon). La durée des tours dépend bien entendu du scénario et peut varier d’un jour à une semaine. La carte découpée en hexagones s’étend par ailleurs de l’Inde et la Birmanie à la côte californienne en passant par l’Australie et la Sibérie.

Un remake...raté d’Hearts of Iron


Storm Over the Pacific se présente avant tout comme un wargame. Il s’agira ainsi de déplacer différents types d’unités sur la carte du jeu. Chaque groupe d’unité (étant entendu qu’un seul groupe d’unités peut occuper un hexagone) dispose d’une capacité d’action spécifique qui lui permettra d’accomplir un certain nombre d’actions durant un tour. Vous pourrez ainsi voir les hexagones sur lesquels peut se déplacer une unité lors du tour actuel en cliquant sur celle-ci.
L’ensemble donne néanmoins une amère sensation d’arbitraire tant au niveau des types d’unités choisies (infanterie, blindés, parachutistes, marines, etc : seize unités au total) et des modèles technologiques que de leurs capacités. En outre, rien n’est fait pour rendre les combats attrayants. Les unités sont en effet représentées par des sprites ou des pions OTAN se téléportant dans un autre hexagone lorsqu’elles se déplacent. Aucune animation graphique ne simule ces mouvements. D’autre part, les combats ne donnent lieu à aucune animation et le joueur sera étonné d’en être réduit à lire une fenêtre de message lui indiquant l’issue de la bataille ainsi que les pertes de ses troupes.

Dès lors, difficile de s’immerger dans ce wargame si pauvre dans son volet opérationnel.
Le modèle logistique demeure basique : les unités requièrent du ravitaillement qu’il faut pouvoir leur acheminer depuis un dépôt. Les convois peuvent évidemment être coulés et mener une guerre sous-marine peut permettre de contraindre un ennemi à la reddition. Un modèle de climat simule enfin les chutes de neige ou encore les pluies d’automne qui ralentiront les mouvements de troupes et réduiront leur efficacité au combat.

Avec sa centaine d’évènements historiques (aléatoires ou fixes) qui rythmeront vos parties et vous permettront de faire des choix stratégiques, Storm Over the Pacific fait ainsi globalement penser à un mauvais remake d’Hearts of Iron, la référence dans le genre grand stratégique sur cette période.

Du nouveau du côté des combats navals


Mais Storm Over the Pacific présente également des volets économique, diplomatique et technologique, quoique ceux-ci soient peu détaillés.
Le joueur pourra ainsi forger des alliances, décider des priorités de sa recherche (jusqu’à acquérir l’arme atomique) ou encore commander la production d’unités par le biais d’un modèle économique très simplifié (chaque unité a une durée et un coût de production payé grâce aux richesse nationales).
Les mécanismes sont ici, et comme pour les combats, quasiment les mêmes que dans Time of Wrath. Ils sont en outre bien moins détaillés que dans des jeux comme Hearts of Iron ou même Advanced Tactics.
L’intelligence artificielle est en revanche une des rares satisfactions de ce titre et pourra donner du fil à retordre aux novices. Ses offensives sont plutôt coordonnées et à de rares occasions, surprenantes. Néanmoins, les joueurs les plus aguerris préfèreront le jeu en PBEM…encore faudra-t-il trouver un camarade de jeu !...

Mais la principale innovation et l’élément essentiel qui a poussé Wastelands Interactive à développer Storm Over the Pacific demeure le volet naval. Celui-ci était absolument bâclé dans Time of Wrath et Road to Victory où les affrontements navals étaient représentés de manière très succincte par le biais d’un écran dédié.
Ici, les navires apparaissent directement sur la carte et font partie intégrante du gameplay. Sécuriser les routes maritimes est indispensable non seulement à l’acheminement du ravitaillement par le biais de convois gérés automatiquement mais également pour transporter des troupes d’une base à une autre. Il n’y a toutefois pas matière à jubiler.
En effet, les affrontements navals se résument à une succession de clics où le joueur choisit quel navire ennemi chacun de ses propres bâtiments prendra pour cible. Les porte-avions ont bien entendu la primauté du fait de la portée de leurs escadrilles. Ces combats sont divisés en plusieurs tours et il faudra donc solliciter son index à une multitude de reprises durant ces affrontements…bien souvent peu décisifs. Heureusement, le tout peut être automatisé et simulé de manière aléatoire par l’ordinateur (soit un seul tour soit l’ensemble du combat).
Il n’en reste pas moins que le volet naval de Storm Over the Pacific apparaît très rudimentaire, d’autant qu’il n’y a pas de véritables combats de débarquements sur les plages. Celles-ci sont en effet souvent dégarnies par l’intelligence artificielle qui place ses unités plus en profondeur et les pertes liées aux débarquements sont simulées par un modificateur d’attrition et signalées au joueur par une fenêtre de message…

Un simple mod pour Time of Wrath ?


Comme pour Time of Wrath, les développeurs polonais ont réalisé un gros travail de recherche historique. On retrouvera ainsi tous les leaders et ordres de bataille historiques. Les possibilités de modding sont ici aussi assez importantes puisque sont fournis avec le jeu un éditeur de scénarios et d’évènements historiques.
En revanche, l’environnement audio-visuel laisse à désirer. La bande son est essentiellement composée de musiques répétitives. Il n’y a en outre quasiment pas de bruitages ou d’animations sonores durant les affrontements. L’interface a quant à elle été totalement bouleversée par rapport à Time of Wrath. Si ce dernier pouvait convaincre en mêlant une austérité classique pour un wargame et un design moderne des boutons de l’interface, Storm Over the Pacific échoue complètement à convaincre à cet égard. La nouvelle interface (quoique entièrement modifiable) et le design « kitch » des pions OTAN est en décalage complet avec ce qu’un joueur de wargame classique pourrait attendre.
Nul doute que ces choix graphiques ont été pris pour tenter d’attirer de nouveaux joueurs mais ils auront surtout pour effet de faire fuir les wargamers habituels.

Pour conclure, Storm Over the Pacific s’apparente plus à un gros mod par rapport à Time of Wrath avec une remise à jour de la base de données pour simuler la guerre du Pacifique. Mais le nouveau modèle naval n’aidant pas, il peine à convaincre à tel point que les anciens de Time of Wrath se surprendront sans doute à préférer le jeu sorti il y a un an plutôt que celui présenté comme son successeur.
Storm Over the Pacific demeure véritablement un échec pour Wastelands Interactive.

Qualités :

- Une base de données très recherchée
- Une configuration requise très peu exigeante

Défauts :

- Très peu d’améliorations par rapport à Time of Wrath (voire une régression)
- Un moteur naval très rudimentaire
- Des graphismes complètement ratés

Configuration requise :

- Windows XP/Vista/7
- Processeur Pentium IV 1.2 GHz ou AMD 2000+
- Mémoire vive 512 MB
- Cartes graphique et son compatibles DirectX 9
- 600 MB d’espace disque

Note : 5/10

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